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Arthrose digitale interphalangienne proximale

Chaque doigt long (index, majeur, annulaire et auriculaire) est composé de 3 phalanges, tandis que le pouce n’en a que 2. Entre ces phalanges, il existe des articulations permettant la mobilité de chaque doigt, soit 2 pour chaque doigt long :

- articulation interphalagienne proximale (ou IPP) entre la première phalange et la deuxième.

- articulation interphalagienne distale (ou IPD) entre la deuxième phalange et la troisième (qui porte l’ongle).

Ces articulations, comme les autres plus grosses (genou, épaule, coude), comprennent les extrémités des phalanges qui sont recouvertes de cartilage, le tout étant entouré d’une capsule articulaire. Cette capsule est renforcée à certains endroits par des ligaments afin de limiter certains mouvements, et englobe à sa face profonde un tissu synovial. Cette synoviale a pour but de lubrifier et nourrir le cartilage.

L’arthrose est une altération du cartilage. Il en existe 2 types :

- arthrose dite essentielle qui est vieillissement physiologique de l’articulation. Elle touche préférentiellement les femmes et une composante familiale est souvent retrouvée. Plusieurs doigts sur les deux mains sont alors atteints.

 - arthrose secondaire survient suite à une arthrite infectieuse ou inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique…) ou suite à un traumatisme (fracture, entorse grave ou luxation).

 

Signes cliniques de l’arthrose digitale

Les localisations sont très variables, parfois unique et souvent multiple. On retrouve :

- Gonflement articulaire constant traduisant la souffrance de la synoviale. Ce gonflement est accompagné de façon inconstante par des douleurs. Les douleurs sont mécaniques, c’est à dire qu’elles surviennent à l’effort, par « poussées douloureuses ».

- Déformation souvent très disgracieuse et pouvant constituer le motif de consultation. Cette déformation correspond  à la destruction cartilagineuse. Il se créé des nodules sur la face dorsale des IPP appelés nodules de Bouchard. Une désaxation du doigt peut survenir et également dysesthétique.

-  Perte progressive de la mobilité, conséquence de l’altération osseuse.

Examens complémentaires dans l’arthrose digitale

- des Radiographies standard permettent de confirmer le diagnostic suspecté cliniquement. Elles retrouvent un pincement de l’interligne articulaire, des ostéophytes qui sont des excroissances osseuses responsables du gonflement de l’articulation, elles précisent également l’axe modifié du doigt.

Traitement de l’arthrose digitale interphalangienne proximale

L’arthrose est une altération du cartilage et il n’existe pas à l’heure actuelle de possibilité thérapeutique pour réparer celui-ci. Les solutions proposées sont donc symptomatiques au cas par cas :

- Traitement médical propose des solutions antalgiques pour les crises douloureuses à base d’antalgiques et anti-inflammatoires. Des attelles de repos sur mesure peuvent être proposées entre ou pendant les crises, mais celles-ci n’empêchent pas la déformation. L’injection de produits lubrifiants ou à base de corticoïde (Altim), comme il peut être proposé dans le genou, l’épaule ou la hanche n’est pas validée pour ces articulations si petites, c’est néanmoins une voie de recherche pour l’avenir.

Pour des raisons de perte de mobilité, de douleurs non contrôlées ou de déformation trop importante, la chirurgie peut être proposée.

 

- Traitement chirurgical peut faire appel à plusieurs techniques :

Ablation des ostéophytes dorsaux ou nodules e Bouchard qui correspond à un lifting de l’articulation donne un résultat souvent transitoire.

La Prothèse est d’indication beaucoup plus rependue que pour l’articulation interphalangienne distale. En effet la conservation de la mobilité, même faible, joue beaucoup sur la fonction du doigt. De nombreux modèles existent, ayant chacun leurs avantages et inconvénients :

-        les prothèses type spacer en silicone, implant très ancien permettant une mobilité correcte mais présentant un risque de rupture. Il existe souvent une réaction osseuse (siliconite) à cet implant mais son changement est simple.

-        Les prothèses métalliques dont il existe de nombreux types (glissement/charnière, cimentée ou non). Elles sont censées fournir une meilleure mobilité.

L’Arthrodèse qui consiste à bloquer de façon définitive l’articulation. Cette intervention permet de régler le problème des douleurs et de la déformation, une ablation des nodules dorsaux est pratiquée dans le même temps. La position de blocage est fonction du doigt atteint et de la demande. Cette chirurgie est rarement proposée en première intention sur les articulations interphalangiennes proximales hormis sur l’index en raison des contraintes latérales.

Dans tous les cas, la chirurgie est réalisée en chirurgie ambulatoire et sous anesthésie locorégionale. La rééducation doit etre précoce en cas de prothèse et un suivi clinique et radiologique annuel est nécessaire.

Risques et complications de traitement

Comme toute intervention chirurgicale, des complications peuvent survenir mais sont rares : infection, hématome ou algodystrophie.

En cas d’arthrodèse, une absence de consolidation peut survenir nécessitant de façon exceptionnelle une réintervention. En cas d’exérèse de pseudo-kyste ou de lifting articulaire, une récidive à distance est toujours possible.

Les complications spécifiques des prothèses sont nombreuses (raideur, luxation ou fracture de l’implant, infection, siliconite), d’ou la nécessité de surveillance.