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Compression du nerf cubital au coude

Cette pathologie, aussi appelée Syndrome du tunnel cubital rentre dans le cadre des syndromes canalaires. Après le syndrome du canal carpien, c’est le deuxième site de compression nerveuse en fréquence.

Le nerf ulnaire (ou cubital) peut être comprimé à de nombreux endroits au niveau du coude. En effet il passe sur la partie interne dans la gouttière épitrochléo-olécaranienne et peut se retrouvé comprimé de proximal à distal, d’abord au niveau du bras:

-        sous la cloison intermusculaire médiale

-       sous l’arcade de Struthers

-       sous le septum intermusculaire médial

 

Puis au niveau de l’avant bras :

-       sous le ligament épitrochléo-olécranien ou ligament de Osborne (A)

-       sous l’arcade du fléchisseur ulnaire du carpe (B)

-       sous l’arcade d’Amadio (C)

Il est nécessaire que le nerf glisse dans sa gouttière dans les mouvements de flexion-extension du coude de façon à ce que l’étirement en flexion ne soit pas trop important. Une compression sur l’un des sites précédemment cité entrainera un défaut de glissement, un étirement et une souffrance nerveuse. L’élongation physiologique du nerf en flexion du coude est de 4,7 mm en moyenne.

Très souvent, aucune cause n’est retrouvée (alors idiopathique) mais parfois la compression est en rapport avec un ancien traumatisme ou une attitude vicieuse.

Signes de la compression du nerf cubital au coude

Le nerf cubital est un nerf mixte, à savoir moteur et sensitif, les signes cliniques sont donc en conséquence.

Les motifs de consultation sont :

-        des paresthésies (ou fourmis) ressenties dans les deux derniers doigts de la main (annulaire et auriculaire) et dont la rapidité d’installation est variable.

-        des douleurs plus fréquentes quand l’installation de la compression est rapide.

-        Une perte de force au serrage de la main est fréquente, témoignant d’une atteinte motrice.

 

L’examen recherchera :

-        Une atteinte motrice grâce au signe de Froment (serrage pouce-index), au signe de Wartenberg (défaut d’adduction du 5e doigt), au signe d’Egawa (mobilité latérale du majeur) ainsi qu’une perte visuelle du volume des muscles de la main (amyotrophie).

-        Une atteinte sensitive mise en évidence par une perte de la discrimination sensitive dans le territoire ulnaire en comparaison au coté opposé.

-        Enfin l’examen recherchera une cause de compression plus haute (arthrose cervicale) ou de maladie nerveuse (neuropathie).

Le nerf est par ailleurs palpable dans sa gouttière et la percussion (signe de Tinel) peut reproduire la symptomatologie.

Examens complémentaires de la compression du nerf cubital au coude 

L’électromyogramme est l’examen essentiel, tout comme dans le canal carpien. Il calcule les vitesses de conduction électrique et retrouve une diminution de celles-ci en cas de compression.

Des Radiographies du coude sont demandées à titre systématique afin d’éliminer une cause de compression osseuse (séquelle de fracture, arthrose ou exostose)

Une Echographie est parfois demandée en cas de diagnostic peu franc et retrouvera un aplatissement du nerf, une instabilité en avant en flexion. L’échographie présente l’avantage d’être un examen dynamique et le radiologue peut observer le comportement du nerf lors des mouvements du coude.

Traitement de la compression du nerf cubital au coude

Contrairement au canal carpien, il n’est pas recommandé d’effectuer une infiltration. La chirurgie est indiquée d’emblée. Le geste essentiel est la libération du nerf appelée neurolyse. Cette opération permet au nerf de coulisser à nouveau dans sa gouttière. La libération entraine parfois une instabilité en avant et il sera nécessaire de le transposer en avant de l’épicondyle médial (ou épitrochlée).

Cette intervention peut être réalisée classiquement par une cicatrice à la face interne du coude, ou bien par endoscopie (courte cicatrice et neurolyse à l’aide d’une caméra). L’endoscopie ne permet pas de réaliser une transposition antérieure.

L’épitrochléoplastie constitue une alternative en cas d’échec.

Suites et risques de la chirurgie 

L’intervention est réalisée en chirurgie ambulatoire et sous anesthésie locorégionale (pas d’anesthésie générale). Une immobilisation du coude à 60° de flexion est parfois nécessaire en cas de transposition durant 10 à 15 jours. L’arrêt de travail est fonction de l’activité professionnelle, entre 10 jours et 1 mois.

L’amélioration des symptômes est la règle, mais, à la différence du canal carpien, la guérison complète n’est pas tout le temps acquise.

Les risques sont faibles et peu fréquents : infection, hématome, paralysie transitoire.